Pour démarrer la nouvelle année du pompier !

 

Les $heriff – Jouer avec le feu (1987)

Au passage un petit clin d'œil aux copains franco-espagnols, mais surtout le moment où jamais d'évoquer ici le meilleur groupe de rock français toutes catégories confondues (c'est pas dur ! diront les mauvaises langues – c'est pas faux ! répondront les adeptes du réalisme objectif) que malheureusement personne ne connaît en dehors du cercle estimable des connaisseurs, dont j'espère modestement accroître le rayon un petit peu aujourd'hui.

Il s'agit donc des $heriff de Montpellier, et ils font du bruit, comme ils aiment à le rappeler systématiquement avant de proposer leur punk mélodique dont l'efficacité et le sens de la formule rappelle les Ramones (bien qu'ils se réclament plus volontairement des Dickies). Il faut imaginer l'émotion d'un kid d'Ahuntsic qui, un jour, tombe à CISM sur le genre de chanson qui change une vie. La formule est pourtant simple : une expression du quotidien (ex.: "Y'a pas photo") = le refrain, une mélodie imparable, une Amérique fantasmée, de l'humour à deux dollars, on n'a pas trouvé mieux (comme le rappellent justement Francis C et Soldat L).

Ils méritent sans doute aucun un traitement au moins aussi systématique que les VM, voici donc un bref tour d'horizon de leur discographie studio (même s'ils ne sont jamais aussi bons qu'en spectacle):

Pan ! (1987) : Ok le son du début a vraiment mal vieilli, mais les compositions sont déjà au rendez-vous.

À écouter : Ne fais pas cette tête-là, (C'est une) Idée fixe, Panik (à Daytona Beach), À coup de batte de base-ball

3, 2, 1... zéro! (1988) : Beaucoup plus écoutable que le précédent et regorge de classiques, même si les chansons "joyeuses" peuvent être un peu énervantes.

À écouter : Jouer avec le feu, Pas de doute, Dollars, Mayonnaise à gogo

Le grand, le maigre, le petit et le gros (1989) : On a envie de dire que c'est le sommet, la quintessence. La parfaite pochette leonesque avec la première apparition de la tête de bufle (?), on sent une transition vers quelque chose d'un peu plus "adulte".

À écouter : Pendons-les haut et court, Je veux savoir pourquoi, De toutes lse couleurs, La saga des $heriff

Du goudron et des plumes (1991) : La fin de la période classique dont toutes les meilleures chansons se retrouvent sur l'album live Les deux doigts dans la prise (1992).

À écouter : Pile ou face, Condamné à brûler, Attention à toi, Pas le temps d'attendre

Soleil de plomb (1993) : On passe de l'autre côté du miroir. D'une part on sent que la formule commence à être rodée, d'autre part la proportion de niaiseries est à son plus bas et y retrouve certaines de leurs chansons les plus sérieuses (comme À la chaleur des missiles écrite par les copains d'OTH) avec un son plus musclé.

À écouter : À la chaleur des missiles, C'est pas ce qu'il nous faut, Y'a comme un problème, Bon à rien

Allegro turbo (1995) : Il y a tellement de bombes dans la première moitié de la discographie que je n'ai pas encore vraiment commencé à écouter sérieusement les albums suivants qui ont pourtant maintenant 25 ans. La pochette annonce l'entièreté de la carrière à venir des Marmottes Aplaties.

À écouter : Décollage immédiat, Génération atomique, La nuit dernière

Électrochoc (1998) : Sympathique mais superflu.

À écouter : Que pasa?

Depuis 2012 les $heriff se sont reformés et sillonnent de nouveau les routes pour piller des banques et jouer du rock & roll. Un jour j'espère ils seront reconnus à leur juste valeur et nommés Chevaliers des Lettres et des Arts.

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Commentaires

Hola ! Sympa ce post. Dis donc tu aimes vraiment les Sheriff ! Pour moi l'occasion de retrouver le nom de ce groupe que tu m'avais fait découvrir et dont j'avais bien aimé le melo punk, The Dickies. Olé !
Écrit le 2020/2/22 à 09:15 par Nitsouga